Jeudi 30 juillet 2009
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On a attendu pendant de nombreuses années avec crainte qu'elle s'éveille, et pourtant, alors que les usines tournent à plein régime et que l'on habille de rouge la Tour Eiffel
pour accueillir son "président", aucune bombe ne nous est encore tombée sur le coin de la gueule.
Mais le péril jaune n'a pas tout à fait disparu. L'invasion est proche, mes amis, et tout ça parce que vous oubliez d'éteindre la lumière de la salle de bain derrière vous, ou que
vous préférez laisser votre ordinateur en veille. Ca fait réfléchir, n'est-ce pas ?
Je m'explique.
Il est tout à fait probable que vous ayiez un jour entendu parler du phénomène non dénué d'intérêt que l'on nomme "réchauffement climatique". Trou de la couche d'ozone,
affolement des thermomètres, films-catastrophe hollywodiens à gerber, le monde va mal. Mais cela ne concerne pas uniquement la calotte glacière et les ours blancs. Là où il y a des glaçons,
il y a du risque. Et mis à part votre congélateur, un des endroits sur terre ferme le plus touché par ce phénomène est le plus logiquement du monde le massif de l'Himalaya et ses quelques
millions de tonnes d'eau à l'état solide. Ou milliards, pour le coup, je ne suis pas allé vérifier et les maths n'ont jamais été mon truc.
Je voulais une image qui fasse peur mais je n'ai
trouvé que ça
Ca commence à prendre forme ?
Pas encore ? Je continue.
Comme vous le savez très certainement, la plupart des fleuves chinois, dont le fameux grand Jaune (Yangtze), sont en partie alimentés par ces glaciers Himalayens. Si vous ne le
saviez pas, une fois les dix secondes réglementaires de profonde honte passées, vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil sur cette carte.
Avec un peu de jugeotte, normalement, vous devriez déjà avoir compris que c'est
mal
barré pour nos amis les Han.
Oui, là, tout de suite, ça semble être tendu. La Chine est parcourue d'un grand nombre de fleuves, quandrillant les plaines, et dont la réputation n'est plus à faire.
Sans remonter trop loin dans le temps, on se souviendra des inondations des années cinquante qui avaient fait plusieurs dizaines de milliers de morts, ainsi que celle, plus récente, qui en 1998
avait provoqué le décès d'environ 8000 personnes.
Pour enfoncer les portes ouvertes, voilà en gros ce qui va se passer. Les fleuves (et notre ami Yangtze en particulier) vont gonfler, et provoquer une nouvelle fois un de ces jolis
désastres dont on va parler au 20 heures pendant une semaine. Seulement cette fois, ça va être sévère.
Mais ce n'est pas là le plus emmerdant. Pas assez sophistiqué pour l'Empire du Milieu, vous comprenez. Les glaciers disparus étant autrefois, comme je l'ai déjà dit (suivez un peu,
merde !) une des sources principales du débit chinois, ce qui va suivre est assez simple. La sècheresse, comme le pays ne l'a jamais connue.
C'est
terrible, ça, la sècheresse.
Jusque là, me direz-vous, ce n'est pas notre problème. Un peu d'argent donné à une assoc' et hop, on pique une tête dans la piscine. Malheureusement, rien n'est aussi simple.
Le chinois, comme tout animal de la création ou presque, a un instinct de survie très développé. Il ne va pas donc rester immobile jusqu'à ce que l'eau du Fleuve Jaune atteigne ses narines, puis
redescende jusqu'à laisser la terre plus sèche, comme dirait Desproges, "que le gosier d'un bébé du Sahel".
Il va tenter de sauver sa peau.
Seulement voilà. Qui va vouloir d'une partie de la population du pays le plus peuplé au monde ? Il n'y a pas beaucoup de lignes de fuite. La Corée du Sud possède déjà une importante
diaspora chinoise, ainsi que le reste de l'Asie du Sud-Est. Les territoires sont limités et les plus vierges, comme en Birmanie, sont sous le joug d'une junte militaire allergique à tout ce
qui est étranger. Restent l'Inde, déjà surpeuplée, quelques territoires insulaires à l'Est et les pays du Moyen Orient. Mais vu ce que les Ouïghours se font massacrer ces derniers temps, les
populations musulmanes risquent de rechigner à jouer les sauveteurs.
Enfin, la Russie... et l'Europe.
J'ai fait de jolies flèches pour ceux dont la culture géographique ne
dépasse pas
Melun Sud.
CQFD. Aucune date précise, cependant, dans les vingt ans qui vont suivre, ça ne va pas être joli-joli.
Seul point positif : touristiquement, avec cette nouvelle épée de Damoclès qui pendouille au-dessus de sa tête, la Chine pourrait bien devenir la nouvelle Venise. Chic !
Commencez tout de même à faire des provisions, on ne sait jamais.
Kuma